SISYPHOS : A L’EST RIEN DE NOUVEAU ?

06 mai 2015 | Categories: Chroniques | Posted by: Remavi

Rummelsburg, banlieue Est de Berlin, après 15 minutes de marche se dresse face à nous une grande porte sur laquelle deux immenses oies sont gravées. Ce symbole, c’est celui du Sisyphos, où les fêtards aiment passer leur week-end, du vendredi soir jusqu’au lundi matin. La messe dominicale pour les nombreux Dj qui s’y produisent. Le club possède également son propre label,  Sisyphon. Ce club si particulier a donc retenu notre attention.


– English version –


 

A l’entrée, on ne note aucune politique restrictive, il est simplement conseillé d’arriver très tôt ou très tard vu l’affluence grandissante que connaît le lieu. Ouvert à sa création un week-end sur deux, et fermé en hiver, c’est désormais de façon hebdomadaire qu’il ouvre ses portes aux berlinois et touristes qui s’y côtoient. Une image pourrait résumer ce club, où il est inscrit sur la porte que les animaux sont interdits, mais on peut quand même croiser des chiens à l’intérieur. Il est également interdit de se baigner, mais rien n’empêche certains d’aller se rafraichir au petit matin. Enfin, les line up ne sont révélés que quelques heures avant le début du week-end. De toute manière, on sait toujours qu’il ne nous décevra pas quand on connaît l’endroit. C’est cette liberté et la volonté de faire la fête, sans contrainte, le fait de pouvoir braver certains interdits l’espace d’une soirée qui caractérise le plus ce club.

flag

Digne héritier du Bar 25, et reprenant certains concepts du Club der Visionaere, le Sisyphos montre que l’avenir de Berlin peut se trouver en périphérie…à L’est. Une première cabane en bois, communément appelé Strand (la plage, en allemand), se dresse devant nous à l’entrée, et sous les vieux abats jours on écoute une techno minimaliste, le soleil disparait puis revient, bercé par la musique. L’endroit est immense, sableux, aéré et complètement déjanté.

Un autre dancefloor est situé dans une cabane en bois, le Wintergarten, et se dresse sur le chemin du bâtiment qui fait le charme ultime de ce club. Enfin, à l’intérieur d’un vieux hangar totalement noir et obscur, une techno brute résonne, hypnotique et envoutante. Plongée dans la fumée, la salle entourée de différents couloirs est un lieu de perdition, une sorte de labyrinthe où l’on a parfois du mal à voir son voisin. Le temps n’est qu’option, c’est qui résume l’ambiance atmosphérique au Sisyphos.

 

wintergarten

Une autre salle est ouverte par intermittence, à l’ambiance plus tech house. Vous l’aurez bien compris, il y a toujours une bonne raison de rester danser, et les 15 minutes de marche peuvent s’avérer démotivantes.

Légèrement fatigué après quelques heures de danse? De nombreux canapés sont à disposition à l’extérieur. Ils s’avèrent très utiles tôt le matin ou tard dans la nuit pour se reposer, discuter et même s’endormir en toute quiétude. Personne ne viendra vous réveiller ou vous voler votre Berliner Pilsner encore à vos pieds. Des bus et des camions désaffectés trônent également sur le sable, où les danseurs les plus courageux s’expriment sur le toit, et les plus fatigués partagent une cigarette au volant, en refaisant le monde. C’est un parc pour adulte où l’on échange, danse, et s’amuse sans aucune notion du temps et où les règles sont flexibles.

Le Sisyphos prend également soin de ses clubbeurs. Pour reprendre des forces, pizzas et fast food sont à disposition, cigarettes, dont quelques unes peuvent être troqués pour le vestiaire, c’est aussi ça l’esprit Berlinois, sans oublier le Club Mate et les bières locales. De plus, le club peut nous surprendre avec quelques cracheurs de feu qui illuminent la foule. L’image frappante, c’est qu’on se croirait plus dans un festival que dans un club, sauf qu’il est ouvert tous les week-ends !!

ZONE RÉSIDENTIELLE

On en sait peu sur les DJ’s du Sisyphos. Ils sortent rarement des EP sur d’autres plateformes que Sisyphon, jouent peu fréquemment en dehors de Berlin et de l’Allemagne. La musique ne semble pas être leur principale occupation. D’ailleurs, ils ne produisent quasiment pas, en revanche dès qu’ils investissent le club, ce n’est que pour des sets marathons. Nous avons récemment réalisé une chronique sur Pauli Pocket, et voici un petit aperçu des autres portes sabres du club.

licht & foolikPhoto: Dennis Drobny (Licht & Foolik)

 

LEON LICHT

Né en 1988, il s’est dédié au Sisyphos depuis qu’il en est devenu résident en 2012. C’est après la fin de ses études en 2007 qu’il a commencé à s’impliquer dans la nuit berlinoise en commençant par organiser ses soirées au club VCF, qui a fermé depuis. Il devient résident du club en 2010. Peu après, il lance avec Luis Hill, avec qui il forme le duo Licht & Huegel, l’agence Formtanz et continue à organiser des soirées à Hoppetosse, au K-PAX et au VCF. Il se lie ensuite au Sisyphos et en devient un membre clé, comme on peut le voir à sa page Facebook. Les sets de Leon durent longtemps, jamais moins de 2 heures car il n’aime pas, et sont rythmés et plein de groove. Il dit que sa musique est flexible, et c’est vrai qu’à l’écoute de ses différents sets, on peut le ressentir, alternants deep house sur-vitaminée et tech house musclée

 

FOOLIK

Foolik débarque dans le milieu musical en 2009. Aujourd’hui résident du Sisyphos il s’est rapidement établi comme un des DJs les plus occupés et demandés dans les clubs underground berlinois, en Allemagne et à l’étranger. Sachant s’adapter et surprendre son public, il alterne une tech house persistante avec une house musique conçue pour emballer et puncher  n’importe quel dancefloor. Pour sa part, il découvre le Sisyphos en tant que simple raveur et selon ses dires le lieu l’a « rempli d’énergie », (un dimanche certainement long). Ce jeune berlinois est donc devenu un habitué des lieux. Il  se produit en Dj set pour la première fois un an plus tard lors d’un set de 4h avec Leon Licht et n’a depuis plus quitté le club. Il carbure entre différents spots Berlinois comme au KaterHolzig et Rummelsbucht tout en assurant une résidence récurrente au Sisyphos, son bastion.

 

EMPRO

1235208_739998812702946_9090508033242809002_nMathias Proppé alias Empro, berlinois d’origine, est impliqué dans la scène locale depuis 2003 lorsqu’il a joué pour la première fois à l’Underground Berlin. Son intérêt pour la minimale dynamique et euphorique remonte à plus longtemps, au milieu des années 90 alors qu’il découvre peu à peu le panel de possibilités en musique électronique. En 2004, il lance donc une agence de booking avec, entre autres, Ruede Hagelstein et qui se nomme Mind The Crap. Puis, respectivement avec Marcus Meinhardt et Coco Berlin, il lance Home Sweet Home Sessions et Betriebsfeier, considérées aujourd’hui comme faisant partie des soirées les plus anciennes de la capitale allemande. Mais Empro ne s’arrête pas là. Il s’implique également dans plusieurs gros festivals tels que Sonne Mond Sterne, Fusion ou encore Melt! où il s’occupe de la programmation du Sleepless Floor. De plus, il a signé plusieurs releases sur Upon.You, Bar25 ou Aromamusic. Finalement, il lance la Free Agency avec laquelle il s’occupe de l’organisation d’évènements, du planning à la réalisation, que ce soit dans la musique ou la gastronomie. Cette agence comprend aussi un studio de production et des ateliers. Empro définit sa musique comme tordu et spéciale, mais dans le bon sens du terme. Ses sets sont un mélange de tech house envoutante et de tonalités plus minimales, puissantes, qui euphorisent la foule pendant de longues heures au Sisyphos.

Photo: Dennis Drobny (Empro)

 

SISYPHON: LE LABEL LOCAL

sisy^honSisyphos, c’est aussi un label et une agence de booking, du nom de Sisyphon, dans la parfaite continuité de l’esprit du club. Une plateforme pour ses DJ résidents caractérisés par leurs sets impulsifs, longs et énergiques, une bande d’amis qui enchaînent les soirées à travers Berlin et l’Allemagne, tour à tour seuls ou en back to back. Sisyphon est donc l’agence de booking des 8 DJ’s résidents du club, Empro, Leon Licht, Foolik, Juli N. More, Jonty Skruff, Yetti Meissner, Fidelity Kastrow et Atlantik, et aussi le label du même nom, créé en Mars 2013 et qui compte 3 sorties digitales.

Le premier Ep fût produit par le duo Atlantik, basé à Cologne et qui sont les seuls non berlinois à faire partie de l’agence. Atlantik s’est fait remarquer au « Fusion festival » en 2012 par l’équipe du Sisyphos et séjourne depuis régulièrement au club. Le duo se produit exclusivement en Live et se définit par une techno progressive et mélodique, comme on peut l’entendre sur leur EP Heist. Deux sorties ont suivi plus d’un an plus tard et furent signées par Jonty Skruff (Stiletto) puis Jan Hertz & Rocko Garoni (Neptun). On y retrouve le son typiquement tech house du club.

 

Pour plus d’information rendez vous sur le site, vous pouvez vous rendre sur la page Facebook du Sisyphos, le soundcloud et le site du Sisyphon.

 

.Camille und Rémi.

Drop a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *