Rev

07 sept 1968 | Categories: Non classé | Posted by: Kukubengu

Difficile d’aborder la scène rouennaise sans évoquer Rev. Le collectif s’est imposé comme l’une des références en matière d’événements house au sein de la ville depuis ses débuts en 2012. De leur première soirée au Sevensix à leurs plus hauts faits d’arme comme la soirée à l’Ecole d’Architecture avec Delano Smith en passant par tous leurs autres événements à Rouen, Paris ou encore Toulouse, Charles, Adrian, Paul et Grégoire ont su mettre en place une véritable institution de l’underground. 

MiXiT : Pour commencer, pourriez-vous vous présenter rapidement ?

Charles : Salut, je suis Charles, président de Rev depuis 4 ans maintenant. Je travaille également dans une boîte événementielle à Paris.

Adrian : Hello je suis Adrian, je suis au côté de Charles pour l’orga globale de l’asso. Je mixe aussi, généralement je fais les warm-ups de nos fêtes avec mon acolyte de toujours, Paul G. A côté de ça je suis graphiste freelance et étudiant en communication.

Grégoire : Grégoire, je gère la communication mais aussi le bon déroulement des différents events qu’on organise. Je bosse en tant que barman à Rouen (en ce moment au Brazil).

MiXiT : Racontez-nous les débuts de Rev.

Charles : Rev est une association qui a pour but de promouvoir la musique électronique sur Rouen, par le biais -principalement- d’organisation de fêtes. À l’origine, notre première soirée s’est passé dans un petit bar qui s’appelait l’Eden, c’était au début des années 2012. On avait invité deux djs parisiens, Martin Munier et son pote Friqué, que l’on connaissait via des amis communs. La sauce a bien pris au point qu’on ne pouvait plus faire rentrer de monde dans le bar. Un mois après, on a réitéré l’expérience dans une cave cette fois-ci, le Seven Six.

Adrian : C’était une grosse teuf pour l’époque, on avait ramené Marcelo Cura. On est ensuite passé directement dans un club (le Crystal Room, ex-Yolo). En fait si on a commencé à organiser des events c’est tout simplement parce-que la musique que l’on appréciait et sur laquelle on dansait chaque week-end à Paris n’était absolument pas représentée à Rouen. On s’est dit que puisque personne ne le faisait, nous on allait s’y mettre.

Charles : Cette soirée au Seven Six nous est quand même restée en mémoire car on n’avait vraiment que peu de moyens, du coup on s’est démerdé avec ce que l’on avait sous la main, palettes, vieux canapés, bref de la récup pour aménager un peu la cave et faire un spot cool. Celle-ci aussi a bien pris, on était rapidement plein.

MiXiT : Ensuite il y a eu la soirée avec Grego G.

Adrian : Pour moi ça a été la première vraie soirée que l’on ai faite, c’est à partir de là que l’on a commencé à organiser des events dans des clubs. On a commencé à se professionnaliser, à se répartir les tâches. A l’époque Grego était résident Concrete, c’était un nom qui commençait à bien parler pour les rouennais du coup on s’est lancé.

MiXiT : Si les 2 premières soirées ont drainé beaucoup de monde, le public a-t-il suivi ce changement ?

Adrian : Les gens ont répondu rapidement présent et c’est ce qui nous a poussé à continuer nos efforts pour toujours proposer quelque-chose de nouveau.

Charles : Tous nos amis nous ont soutenus, ils sont tous venus. L’ambiance était au rendez-vous, chacun venait comme il le voulait.

Grégoire : C’était toute une génération qui avait souvent l’habitude de sortir sur Paris le week-end qui accédait d’un coup à des soirées avec des line-ups similaires à ceux qu’on pouvait trouver sur la capitale. Forcément, le public était là.

MiXiT : Vous avez été les premiers à organiser des évènements orientés house et techno à Rouen ?

Charles : Oui, en tout cas depuis qu’on a commencé à sortir à la fin des années 2000, on a été les premiers à organiser ce genre événements avec ce genre d’artistes, et de manière récurrente. Il y avait déjà des soirées underground à Rouen mais en ce qui concerne les plateaux orientés house, on a été les premiers de notre génération. Après plusieurs collectifs ont suivi et d’autres organisaient déjà des soirées, comme What You Want qui était plutôt électro et Brimfool, plutôt axé techno à la base. On est tous de la même génération.

MiXiT : Les clubs que vous démarchiez à l’époque étaient ouverts à ce genre de soirée ?

Adrian : Au début ça a été très compliqué, seuls Benoit et le Crystal nous ont accueillis. On est allé voir pas mal de clubs et de patrons mais ça ne passait pas. Pourtant avec l’essor de la scène parisienne on savait bien qu’il y avait un potentiel à Rouen.

Grégoire : Le patron du Crystal a toujours été un grand fan de musique, notamment de techno et de trance donc il a été sensible à ce qu’on lui proposait. Et puis à la base on est quand même des gars plutôt sympas (rires).

MiXiT : Maintenant vous sentez que le public rouennais est plus ouvert à ce genre de soirées ?

Charles : Très clairement, à notre niveau on a pu maintenir le cap mais avec l’ensemble des assos et collectifs sur Rouen, on a quasiment une soirée voire deux par week-end. Avant les soirées techno et house étaient un peu « l’évènement » alors que maintenant il y a de nombreuses soirées avec des styles différents, et c’est vraiment cool qu’il y ait autant de choix dans notre ville.

10458527_360633424096295_470998521943639782_n

REV : Delano Smith, Jef K, Masomenos, Laetitia Katapult (crédit photo Jacob Khrist)

MiXiT : Vous avez rencontré de grosses difficultés depuis votre création ?

Adrian : Oui bien sûr, surtout dans l’organisation des soirées. On ne dirait pas comme ça mais c’est bien plus compliqué qu’il n’y parait de mettre en place des teufs cools et sans accrocs ! Je pense à celle qu’on avait faite à l’Ecole d’Architecture. Ça été la plus compliquée à organiser mais aussi la plus excitante, avec Delano Smith, les Katapult, Jef K, et les Masomenos, c’était un plateau de ouf pour nous. On a pas dormi les 3 semaines précédant  l’event. Mais bon, on a quand même bien appris de nos erreurs.

Grégoire : On a géré l’organisation de A à Z avec le Lucien, le BDE de l’Ecole, qui a pu du coup s’arranger pour avoir les autorisations via son école, ce sont eux aussi qui se sont occupé de l’aménagement des deux scènes, ils ont fait un taff de dingue.

Adrian : On ne s’attendait pas du tout à l’ampleur énorme que ça a pris. De plus en plus de gens ont manifesté leur intérêt pour l’évènement, ce qui implique énormément de contraintes, par exemple en termes de sécurité.

Charles : On a aussi organisé un after à l’Underground, le club qui, par chance, se situe juste à côté. Du coup toutes les personnes qui n’avaient pas pu rentrer à cause de l’affluence ont pu se rabattre sur un plan B et danser et faire la fête eux aussi. D’ailleurs c’était un after mémorable, on a fini sur les coups de 15h, tous les DJs étaient derrière les platines c’était un beau bordel.

MiXiT : Maintenant vous êtes toujours à la recherche de nouveaux lieux ou vous préférez continuer avec les mêmes partenaires ?

Adrian : Un peu l’un et l’autre. D’un côté on a pu créer des relations de confiance avec des automatismes qui se mettent en place et de l’autre ça reste important pour nous de trouver de nouveaux lieux où poser les platines et faire plaisir aux gens.

Grégoire : ça reste toujours assez difficile à Rouen de trouver des nouveaux lieux, de parvenir à avoir les autorisations nécessaires, etc. Ceci étant dernièrement certains spots très cools ont ouvert dans des lieux improbables, il faut que ça continue.

MiXiT : Avec le développement des soirées house et techno sur Rouen est-ce que vous n’avez pas peur que le public finisse finalement par se dissoudre entre tous les évènements ?

Charles : Bien entendu c’est un risque qui existe, mais c’est assez normal. Heureusement on peut compter sur une bonne base de fidèles, les copains et les copains des copains qui nous suivent depuis le début. Ils ont toujours été là et à côté de ça notre collectif a sa petite histoire et a contribué à faire un peu bouger Rouen, ce dont pas mal de personnes se souviennent. Toutefois l’innovation dans les lieux qu’on propose reste un moyen de faire la différence, le nombre de clubs dans notre belle ville reste assez limité.

MiXiT : En tant que collectif rouennais est ce que vous avez pu beaucoup collaborer et échanger avec les artistes et djs de la scène locale ?

Adrian : Bien sûr et il y en a de très bons, je pense en premier à Ben (Nimä Skill) et Guillaume (Mag Spencer) qui ont 2 styles très différents mais plutôt complémentaires. Ils méritent beaucoup de soutien au vu de leur talent et c’est d’ailleurs ce qu’on cherche à faire quand on les invite. Après ce sont des anciens pour nous ! (rires) Les toutes premières teufs techno dans lesquelles je suis allé à Rouen, c’était Nima qui mixait dans la cave du 3 Pièces avec Zadig. Des souvenirs mémorables.

Grégoire : On a aussi de plus en plus de jeunes qui commencent à se mettre dans le son et qui font des choses assez propres. On reçoit pas mal de démos et certaines valent le coup. et puis on a quand même invité beaucoup de potes à mixer pour nous, Bazarov, Capt, Douglas, les copains d’Anthracite… et la liste est longue ! De même, au final, beaucoup d’artistes que l’on a invité sont devenus des potes.

MiXiT : Vous aviez organisé une soirée à Toulouse il y a quelques temps, est ce que vous pourriez nous parler de ce projet-là ?

Charles : A la base c’était un projet scolaire et humanitaire sur lequel je bossais vu que je faisais mes études là-bas. On a décidé d’organiser une soirée pour récolter des fonds pour Emmaüs. On a fait ça au Bikini, qui est une très belle salle de concert avec un excellent soundsystem. On a fait jouer des artistes/collectifs locaux comme Informal et Zendid, et enfin D’julz.

REV invites Derrick May (crédit photo Jacob Khrist)

REV invites Derrick May (crédit photo Jacob Khrist)

MiXiT : Vous pensez vous tourner vers d’autres villes à l’avenir ou voulez privilégier Rouen et Paris ?

Charles : Pour l’instant on se développe plutôt sur Paris car on a pu inviter pas mal de parisiens à venir jouer et du coup nouer de bons contacts. Je pense aux Katapults, Crazyjack …

Adrian : Dans les autres villes, à priori non car on n’a pas d’attaches particulières en dehors de Rouen et dans une moindre mesure Paris. On vise beaucoup à créer un engouement autour des artistes locaux, à faire vivre la scène rouennaise.

MiXiT : Comment définiriez-vous la ligne artistique de la Rev ?

Adrian : Très clairement axée house mais on n’hésite pas à en explorer toutes les facettes. Quand on a invité Derrick May, c’était une house bien plus Detroit, plus rythmée alors qu’avec Rahaan c’était au contraire très chaleureux, très funky. On a pu aussi inviter Thomas Melchior qui représente plus la house minimale de Berlin, ou encore Raresh et la vague roumaine. Bref on cherche un spectre musical très large. Et puis ensuite chaque artiste nous raconte son histoire.

MiXiT : On arrive à la fin de l’interview, est ce que vous pourriez nous parler de vos futurs projets ?

De l’open air ! (event)

.kukubengu.

Drop a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *