Rencontre avec Eliott Litrowski

15 juil 2015 | Categories: Entrevues | Posted by: Marianne

Eliott Litrowski aka la nouvelle recrue Cracki vient de sortir son deuxième EP Carjacking. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’une vraie réussite. Il y dévoile un univers contrasté, qui oscille entre techno, house, italo disco et acid. Une musique aérienne et entraînante, qui pourrait bien faire de Carjacking la bande-son de l’été. Curieux d’en savoir plus, on a décidé de lui poser quelques questions :

© Esteban Gonzales

© Esteban Gonzales

MiXiT : Salut Eliott ! Tout d’abord, peux-tu nous parler de tes débuts ? As-tu commencé à écouter tout de suite de l’électronique ou tu es passé comme de nombreux artistes par le hip hop ou le rock ? Comment t’es venue l’envie de mixer ?

Salut! Alors non, je n’ai pas écouté de la musique électronique dès le départ ! J’écoutais pas mal de rap français et encore plus jeune du rock comme mon frère… je n’ai jamais été bloqué dans un style et je ne viens pas d’un milieu en particulier. C’est venu plus tard ! Au collège j’ai commencé à scratcher avec un ami sur du hip-hop puis sur de la drum’n’bass, puis je me suis mis à caller les disques. J’ai commencer par écouter de la techno et de la house au lycée et découvert un peu tout les dérivés par la suite. Je sortais pas mal au Rex, au Pulp et a l’Elysée Montmartre pour les soirées Eyes Need Sugar et Open house. J’étais super fan du label Kompakt (et je le suis toujours). J’ai commencé à acheter des disques de house et techno à ce moment là et à casser les oreilles de mes parents par la même occasion.

MiXiT : Tu viens de sortir ton premier EP chez Cracki Records. Comment s’est passée la rencontre avec le crew ?

On avait des amis en commun et j’aimais beaucoup leur vision de la fête et la manière dont ils ont de mélanger les styles. Ils ont un univers éclectique qui se ressent aussi bien dans leur label quand dans leurs soirées. C’est aussi ce qui se passe dans mes sets ! Donc on a accroché assez vite et on est devenus amis. J’ai commencé à jouer pour eux et ils s’occupent aujourd’hui de mes bookings. Ce disque était évident en fait! C’est venu assez naturellement et j’en avait vraiment envie. Maintenant on se met des cuites ensemble aussi, c’est vraiment familial.

MiXiT : J’ai écouté Carjacking, et je dois dire que j’ai tout de suite accroché. L’EP est très éclectique –on y entend de l’électronica, de la techno, des sonorités disco aussi- tout en gardant une cohérence du début à la fin. Qu’est-ce-que tu souhaites nous raconter à travers cet EP ?

Tout d’abord, MERCI BEAUCOUP ! C’est assez difficile comme question ! Je voulais vraiment qu’on me reconnaisse à travers cet EP. C’est aussi en bossant dessus que je commence à me retrouver dans certaines sonorités. J’ai des potes qui m’ont dit : « Ca c’est du Eliott » et c’est vraiment ce que je recherchais. Il est bien évidemment influencé par tout ce que je joue et que j’écoute… j’ai vraiment bien tripper à faire ce disque.

 MiXiT: Le clip de Barneville, réalisé par Vincent Castant, est complètement surréaliste. Comment en es-tu venu à collaborer avec lui ? Peux-tu nous parler un peu de ce projet ?

Alors Vincent et moi on s’est rencontrés dans une fête… il m’a fait sa blague du mec avec la tête orange et j’ai tout de suite accroché. C’est quelqu’un de très spécial… il m’a invité chez lui un jour et on a parlé autour d’une table où il avait accroché des minis pains au chocolat et des croissants… donc forcément je l’ai invité à mon tour chez moi à la campagne boire du rouge et manger une côte de bœuf. Il a écouté les morceaux à fond et je lui ai dit que ça serait cool qu’il y ait un clip pour la sortie du disque – et là il est parti en couille. On l’a pas vu pendant un petit bout de temps : il était parti faire des vidéos dans les champs.

J’avais déjà accroché sur son travail vidéo pour son projet « Ouai, j’vois ouai ». Mais quand j’ai reçu le clip j’ai halluciné… il est vraiment parfait. Il colle super bien avec la chanson…

Barneville c’est le nom du bled ou il y a ma maison en fait.

MiXiT : La dimension visuelle/graphique a l’air de jouer un rôle crucial dans la construction de ton univers. Pourquoi cette importance ? Penses-tu qu’elle est indispensable à la musique aujourd’ hui ?

Alors non, je ne pense pas qu’elle soit indispensable mais c’est toujours agréable d’acheter un bel objet. C’est un plus. C’est vrai que je ne sors pas des disques tous les mois. Alors quand j’ai l’occasion d’en sortir un j’essaie de pousser le projet au max. Il y a une vrai relation entre le dessin d’Antoine Elfurud et ma musique tout comme dans le clip de Vincent. Le label trouvait que c’était une bonne idée aussi. Ce n’est pas tous les jours qu’un label te laisse champ libre pour le graphisme d’un disque. Donc j’ai sauté sur l’occasion et je suis super content du résultat ! Après, bien évidemment, le graphisme et la musique sont complémentaires mais pas forcément indispensables pour la sortie d’un disque.

 MiXiT : Tu es architecte de profession. Vois-tu un lien entre la musique et l’architecture ?             

Oui complètement. La musique tout au long de mes études et aujourd’hui agit sur ma façon d’aborder un projet. La plupart des projets que j’ai pu faire tout au long de mes études ont été liés d’une façon ou d’une autre à la musique. Mon diplôme était d’ailleurs basé sur la relation entre le son et l’espace en prenant comme point de départ sociologique : la rave party. J’ai travaillé pendant un an sur ce sujet et je compte bien continuer à développer cette relation tout au long de ma carrière d’architecte.

Pour le jury de mon diplôme, j’avais fais la bande son de mon projet sur Ableton, la veille dans mon lit. Ca consistait au déplacement d’une personne dans mon projet pendant une rave. J’ai envoyé Jeff Mills – The Bells à balle, à 9 h du matin dans l’atelier devant mon jury. C’était génial !

MiXiT : Comment arrives-tu à concilier l’architecture et la production ? Est-ce-que tu te vois arrêter ton métier pour te consacrer uniquement à la musique ?

Pour l’instant j’arrive à concilier les deux et je ne me vois pas arrêter  l’archi ni, bien évidemment, la musique. C’est parfois un peu dur car je ne suis pas mon propre chef. Je ne décide pas si je dois travailler le weekend ou pas, et je dois faire avec. C’est parfois énervant car je dois faire des concessions et ralentir la musique pendant des périodes. C’est aussi fatigant pendant les phases de rendu en agence. Mais ça m’a appris à être professionnel et pas trop jouer au con quand j’ai une date le weekend et que je dois être au max le lundi. Je sors peu hormis mes gigs si j’en ai régulièrement. Mais encore une fois les deux me passionnent et j’ai besoin des deux.

Credit thomas joubert

© Esteban Gonzales

© Esteban Gonzales

 MiXiT : Quelles sont tes sources d’inspiration en ce moment ?

Il y en a pas mal ! Pour en citer de proches je vais dire Voiron comme d’hab… bien trop chaud. Mes potes d’Aroma Pitch (Berlin) aussi qui viennent de sortir un dernier EP sur leur label vraiment mortel. Coméme Record qui à toujours été une source d’inspiration et qui s’est vraiment bien réapproprié la Chicago House… Barnt et son label Magazine… le label suédois Studio Barnhus aussi je suis super fan. L’italo disco, la viande et la bière !

MiXiT : On parle beaucoup du grand retour de la house et de la techno originelle. Quel regard tu portes sur cette tendance ?

Je trouve ça bien. Ca fait quand même pas mal de temps qu’on est dedans et il y a vraiment de la super musique qui sort ces dernier temps. Pleins de nouveaux artistes qui se passionnent pour les anciennes machines et qui arrivent avec des morceaux plutôt innovants. Et j’adore danser sur des morceaux des années 80/90 donc je suis pour.

MiXiT : Tu viens tout juste d’emménager au Danemark. Il fait mieux vivre qu’à Paris ? Comment est la scène locale ?

Haha ! Je ne sais pas s’ il fait mieux vivre qu’à Paris mais c’est assez plaisant ! La vie est beaucoup plus chill et la ville est vraiment intéressante ! Ca fait du bien un peu de changement aussi. J’ai toujours vécu à Paris. La scène locale est vraiment bien. Il y a une super énergie générée par des jeunes collectifs comme CUP (Copenhagen Underground Posse) avec Daniel Savi, Dee Brown, Marc & Mikkel ou encore Samuel Andre Madsen. Ils font de super teufs et il y a vraiment des clubs de qualité. J’ai d’ailleurs ma première date le 8 août au Culture Box pour la résidence de Jón Atli aka Sexy Lazer.

MiXiT : Tes projets à venir ?

Pour l’instant je m’installe doucement à Copenhague, j’ai pas mal de dates qui arrivent cet été, à Berlin, en Pologne et sûrement une petite tournée en Chine pour le festival Beijing Sonic à Beijing et à Shanghai. Un petit retour à Paris pour le Macki Festival en septembre aussi ! Et je me remet à produire doucement :-)

MiXiT : Le mot de la fin ?

MiXiT : Merci pour cette interview ! 

Retrouvez Eliott Litrowski sur Facebook et sur Soundcloud

 

.Marianne.

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