Max Cooper – Fragmental self part 1 EP

14 nov 2013 | Categories: Chroniques | Posted by: Charlie

On aimerait bien oublier que Belfast a été tiraillée pendant plusieurs décennies entre les protestants et les catholiques. Oui, car la capitale de l’Irlande du Nord est le lieu de naissance d’un expérimentateur. Inutile de dire que je ne vais pas vous parler du chanteur du groupe aux deux lettres, représentant de la musique populaire irlandaise et encore moins d’un spécialiste de musique celtique,chorégraphe de la dernière tournée de notre chère bretonne.

Il s’agît plutôt ici d’évoquer la sortie du nouvel EP de Max Cooper, un londonien d’adoption, amateur de Guinness sûrement comme nous tous. Max Cooper n’a pas voyagé à l’autre bout de l’atlantique comme beaucoup de ses compatriotes qui ont immigré dans le nouveau monde… Là où cent ans plus tard se préparait doucement mais sûrement l’arrivée d’un autre type de musique. Mais cet irlandais, au contraire, nous fait rentrer dans un autre monde.

Max Cooper-Fragments of self

L’artiste qui fait partie du label Traum Records – où l’on retrouve notamment Extrawelt, Dominik Eulberg ou encore Nathan Fake – a su à travers ses années d’activité développer une musique si particulière, une musique que l’on dira même expérimentale. Généticien de formation (eh oui un vrai scientifique), il porte un regard nouveau sur la musique électronique comme si elle était un laboratoire de sons où celui-ci mélange, structure, déstructure, fragmente – tiens le nouvel EP se nomme Fragmental self part 1 – avec finesse pour  en faire une expérience. Certes, une expérience psychédélique mais une expérience qui invite au voyage. Attention, pas sur une plage déserte entre le Venezuela et le Guatemala. Non, on se verrait plutôt dans une prairie, seul, la clope au bec, en pleine méditation métaphysique sur le sens de la vie.

Max Cooper-Quantet

Cependant, ce qui nous étonne dans sa musique, c’est sa faculté à fédérer les genres pour ne faire qu’un comme si la musique revenait à sa première fonction : l’invitation à l’éveil des sens. Après nous avoir surpris sur son EP conditions two sorti en juin 2013 et sur sa collaboration avec Nils Frahm, Max Cooper confirme cette tendance dans son nouvel EP, sorti sur son propre label Fields, où ce dernier collabore, pour la première fois, avec un compositeur classique, Tom Hodge, un pianiste.. L’EP, composé de quatre tracks, débute sur fragments of self par un solo de piano de Tom Hodge qui donne le ton pour la suite. On retiendra surtout Quantet ( le morceau le plus aboutit). On reconnait cette sombreur propre à l’artiste, mixée au classicisme insufflé par la collaboration avec Tom Hodge.

Bref, cet EP séduit, envoûte. Certes, s’il fallait choisir un EP de Max Cooper, ce ne serait sûrement pas celui-ci. Pourtant, cet EP est définitivement une invitation au voyage, à la découverte d’une expérience singulière, celle de la musique. Et pour ça, on lui dit merci.

« Madame, Monsieur, mon nom est Max Cooper, votre commandant de bord. l’ensemble de l’équipage et moi-même ont le plaisir de vous accueillir à bord de ce vol et vous souhaitons bon voyage. »

.Charlie.

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