Christine - Rencontre

29 août 2012 | Categories: Entrevues | Posted by: MiXiT

Christine, le nom d’une bagnole meurtrière qui affolait déjà les écrans de cinéma en 1983. Christine aussi, le prénom de quelques blondes personnalités de télévision. Christine surtout, le groupe composé par deux compères rouennais en référence au film de Carpenter et qui n’en finissent plus d’électriser les foules avec leur sets déjantés, leur 4 platines vinyles assassines, et leur son qui vous déboîte les tympans. Ce sont de ces deux derniers loustics que nous allons vous parler. Pour notre première entrevue, Stéphane et Nicolas ont gentiment accepté de nous rencontrer en ce vendredi 10 août ensoleillé à la terrasse d’un café.
 
 
NDLR : Fraîchement réveillé après une soirée en studio, Nicolas arrive le premier décontracté et tout sourire en bicyclette. Stéphane le rejoint 10 minutes plus tard, le temps pour nous de nous poser et siroter une bonne boisson rafarâichissante avant de faire connaissance.
 

MiXiT : Vous revenez de deux dates au Québec à l’occasion du MEG Festival et de l’Osheaga Festival, comment avez-vous vécu cette expérience ? Comment avez-vous été accueillis par les festivaliers ?

Christine : Nous n’avons globalement rien à redire. L’expérience du MEG Boat restera quand même des plus surprenantes. Après c’est vrai que physiquement, on ressent un peu la fatigue depuis 24 heures. Pour le public – près de 800 personnes à bord – on le trouvait un peu trop discipliné et appliqué. Les gens respectaient vraiment les consignes, peut-être un peu trop.  Il manquait un poil d’euphorie. On gardera aussi un très bon souvenir de la free party avec Breakbot. Très fun et très arrosée (Rire) !

MiXiT : Du coup, est-ce vous avez pris la température de la scène locale ? On connaissait le trio québécois Le Matos qui signe d’ailleurs les bandes son des courts-métrages de Roadkill Superstar , quel artiste ou groupe d’artistes vous a particulièrement marqué lors de ces réjouissances canadiennes ?

Christine : On a effectivement bien apprécié Le Matos. Ils sont plutôt sympathiques avec leurs cardigans très gentillets. Cela leur confère cette allure si sophistiquée mais qui contraste avec les sons puissants qu’ils balancent. Sinon on a particulièrement apprécié la folie de Huoratron. Le type est complètement barré avec ses gestes de possédé. C’était hyper intriguant, le mec était dans une autre dimension. Il se donnait tellement sur scène, on a très rarement vu un DJ set aussi énergique avec son Corporate Occult de psychopathe. Il n’y a qu’à voir le clip de Cédric Blaisbois pour s’en rendre compte ! C’est plutôt drôle parce que le personnage tranche totalement avec la personnalité du bonhomme. Dans la vie courante, il est très posé, mais en Live c’est une autre affaire. Avec sa musique le mec devient schizophrène et te distribue des gros coups de poing dans ta gueule.

Huoratron … est complètement barré avec ses gestes de possédé et te distribue des gros coups de poing dans ta gueule.

Huoratron - Corporate Occult (clip réalisé par Cédric Blaisbois)

MiXiT : C’est vrai qu’Huoratron sait bien s’entourer, mais revenons à vous. Une mini tournée au Québec avec le MEG Festival et le Osheaga Festival, une date en Suisse à l’occasion du For Noise Festival le 25 août prochain, est-ce qu’on peut envisager Christine comme un groupe plus international ? Comment voyez-vous ces nouvelles opportunités ?

Christine : Ben disons que l’on peut remercier notre booker, puisque c’est grâce à lui que l’on a pu se rendre au Québec. On ne se considère pas pour le moment comme un groupe spécialement taillé pour ça, Mais on aimerait effectivement retourner à l’international. On va essayer de toute façon de refaire le MEG et l’Osheaga.

MiXiT : Quelles destinations aimeriez-vous à termes rejoindre ?

Christine : L’Angleterre et surtout Brighton, cela serait cool. On pense également beaucoup à la Belgique. C’est une vraie terre de sons.

MiXiT : C’est quoi la suite de vos aventures ? Des sorties en prévision ?

Christine : On va sortir le 1er Octobre l’E.P. fucking youth remix comportant 4 tracks comportant l’original. On en aura une plus rock, un peu plus lyrique, puis la seconde sera dans la veine dubstep avec des sons du moment. On réfléchit encore sur la dernière. Tout va sortir sur notre nouveau Label Moonkeys Records, les clefs de la Lune (en français).

MiXiT : Génial, comment s’est passée cette collaboration ?

Christine : On s’est attaché à ces personnes, qui ont montré de vraies qualités humaines en plus d’être de vrais professionnels. C’est un label avec une ambiance familiale mais qui donne libre court et expression aux artistes. On a eu trois-quatre propositions. On pouvait sortir les productions sur de petits labels digitaux mais sans un suivi artistique complet derrière. Et d’un autre côté on aurait pu jouer des coudes avec les grosses machines, des grosses majors. Mais t’as plus de libertés puisqu’ils qu’ils te dirigent artistiquement et veulent que tu sortes des albums régulièrement avec des tubes commerciaux qui ne correspondent plus à notre philosophie. Nous avons une vision de Christine sur le long terme avec un Maxi tout les six mois. C’est le meilleur compromis.

 C’est un label avec une ambiance familiale mais qui donne libre court et expression aux artistes

MiXiT : Christine, vous avez pas mal bourlingué depuis vos débuts, comment vous abordez maintenant cette période ? Quel portrait dresseriez-vous de ces quatre dernières années ? Comment s’est opéré votre rapprochement ?

Christine : Quatre ans maintenant, ça passe très vite ! On n’a pas vu le temps passé, ça été très riche ! Pour la petite histoire, nous nous sommes rencontrés à une soirée. (Nico) Je connaissais le travail de Stephane puisque j’avais écouté son maxi disco, lorsqu’il officiait encore sous le pseudonyme Aeon Seven. Puis bon an mal an, on s’est mis à bosser conjointement. On ne voulait pas d’une merde produite sur ordi à l’arrache, on a pris le temps et ça nous a plutôt bien réussit (rire). Puis c’est le remix de baby des MGTD qui catalysé tout ça juin 2009. Ensuite on a joué en 2010 avec Simon Delacroix (a.k.a Toic Avenger) au Chakra à Rouen.

MiXiT : Vous venez tous les deux d’horizons musicaux différents, comment s’est décidée la convergence de ces styles vers quelques chose de plus électro voire avant-gardiste, avec du scratch, un élément plus « old school » ? Comment vivez-vous cette collision des époques et quelle dimension tient le scratch et le vinyle dans votre production artistique ?

Christine : On a commencé avec les vinyles, on n’allait pas changer. On voulait faire quelque chose de différent. L’idée de scratcher sur notre musique qu’elle soit plus funk ou electro ne nous a jamais vraiment heurtés. Tout semblait logique, nous voulions avant toute chose produire quelques chose d’assez neuf. Peut-être un jour on essaiera des platines CD (Rires). Le vinyle c’est tout une part de nous-même, de ce que l’on écoute, … et on ne s’est pas dit « on va faire de l’electro et scratcher dessus pour faire cool ». Tout s’est intégré en amont depuis belle lurette.

MiXiT : Vous alliez musique et images dans votre Live très énergique. D’autre part, on voit aujourd’hui de nombreux artistes ou groupe attacher une importance considérable au Vjing ou à une identité visuelle vidéo vintage. Certains se lancent et produisent des sound tracks pour des jeux vidéos ou des courts métrages. Est-ce que vous êtes étrangers à tout ça ou bien est-ce que vous vous sentirez un jour de produire et travailler sur des BO ?

Christine : (Steph) Moi j’adore écouter les Bandes son. J’ai toujours été attentif à tout ça. A long terme, on peut imaginer travailler sur un film ou un court métrage, ça pourrait être sympa. Ça nous donnerait l’occasion de travailler différemment. (Nico) Mais si on doit produire une musique de BO, elle serait forcément plus souple, mais c’est envisageable. Nous comprenons aussi que derrière l’argument musical, il y a quand même un retour commercial non-négligeable qui pousse aussi certain à choisir cette voie, qu’elle soit honorable ou pas.

Notre show va d’ailleurs changé … Un nouveau truc plus spectaculaire avec des lumières et une projection vidéo sur le devant de la scène devrait enflammer un peu tout ça.

MiXiT : Vous semblez apprécier des réalisateurs comme Tarantino, vous aimez ces montages un peu grossiers avec des personnalités graveleuses. Est-ce que vous appréciez vraiment le genre nanar ?

Christine : On nomme souvent Tarantino pour la référence, mais après nous n’avons pas exclusivement une culture nanar. On peut aimer les films de série B, X, Y et Z, mais on apprécie également beaucoup la filmographie de Lynch, Kubrick ou Carpenter. On ne peut pas dire qu’ils ont fait des nanars. Christine, c’est un film que j’ai vu quand j’étais gamin et qui m’a profondément marqué. Pour le Live on voulait créer notre propre univers, lui donner un côté mécanique et tracer notre chemin, notre route. Notre show va d’ailleurs changé un peu puisqu’on s’est un peu lassé de certains titres. De nouveaux sons vont faire leur apparition. Un nouveau truc plus spectaculaire avec des lumières et une projection vidéo sur le devant de la scène devrait enflammer un peu tout ça.

MiXiT : Sinon que vous pensez-vous de l’évolution de l’electro ? De notre côté on désespère un peu de cette lente et douloureuse chute vers l’electro house ?

Christine : Pour les puristes du genre, il y a de quoi se tirer une balle. L’electro s’est noyé et on la retrouve maintenant très saturée. (Steph) Je galère pour trouver du bon son depuis deux ans en electro.

Je galère pour trouver du bon son depuis deux ans en électro.

MiXiT : Lors des Terrasses du jeudi vous êtes justement passé avant Yuksek, qui s’est particulièrement adouci avec son dernier album. Que pensez-vous de lui ?

Christine : C’est indéniablement un bon musicien, mais sans doute trop perché pour nous. C’est un peu trop Mainstream. C’est pas vraiment ce que l’on écoute mais il a encore le talent pour produire des choses écoutables, tandis que d’autres ne le font plus malheureusement.

MiXiT : Est-ce qu’on a des chances de vous retrouver prochainement sur scène à Rouen ?

Christine : Pour la fin de l’année on voudrait booker une date au 106 et réfléchir avec les 30MPE que l’on apprécie bien sur la programmation. Ça pourrait donner une line up : 30MPE – Christine – Grosse Pointure : Gesaffelstein ou SebastiAn. On pourrait aussi avoir The Name. Rien n’est fixé, mais Gesa nous sort des gros trucs en ce moment et SebastiAn envoie pas mal aussi. Donc nous allons voir. Tu nous retrouveras également le 6 octobre au Batofar, à Paris.

MiXiT : Du coup, est-ce que vous avez envisagé, chacun de vous, de revenir à vos projets solo initiaux ?

Christine : Disons que pour faire court, on n’a plus vraiment le temps. On est à fond dans Christine et nos projets solo ne sont plus trop d’actualité. Pour ma part (Nicolas), KuNsT ThrOW ressemblait davantage à un projet un peu sans futur. Il me fallait quelque chose, histoire de me lancer. Ce n’était pas tellement défini ni abouti, à dire vrai. Je sais que Stéphane c’était un peu différent, plus construit. (Stéphane) Aeon Seven. Donc pour le moment, on se consacre à Christine, même si cela ne nous empêche pas de nous ressourcer dans nos racines, hip hop-funk pour moi et Rock pour Nico.

MiXiT : Vous ne nous l’avez pas encore mentionné mais quel support utilisez-vous pour vous productions ?

Christine : Nous produisons sur Pro Tools Live.

MiXiT : Et par curiosité, qui vous a dessiné le logo Christine ?

Christine : C’est Marko de l’agence Phntm à Rouen (prononcé Phantom). Il nous a fait le visuel Christine avec l’œil. Plutôt sympa !

MiXiT : Un dernier mot pour la fin ?

Christine : Ouvrez vos oreilles, creuser et explorer. Et puis don’t believe the hype !

 

.Entrevue menée par Baptiste et Nicolas.


1 Comment

  1. 26 septembre 2012

    Cool ITW !

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