Interview : Dj Aakmael, the definition of poetry in house music (Fr+Eng)

18 juin 1968 | Categories: Non classé | Posted by: Kukubengu

One month ago we introduced you to Dj Aakmael through a podcast. His rare talent in production bring us to ask him an interview. Coming from Richmond, the american artist has started to produce in 2004 and since then his discography is a relevant example of his taste for music. Groovy and melodical at the same time, his music can be seen as a very poetical approach of house.

Il y a un mois, nous vous présentions Dj Aakmael à travers un podcast. Son talent rare pour la production nous a poussé à l’interviewer. Venant de Richmond, l’artiste américain a commencé la production en 2004 et depuis lors, sa discographie est le meilleur exemple de son goût pour la musique. Groovy et mélodique à la fois, sa musique peut être vue comme une approche pleine de poésie de la house.


-English Version-

 

MiXiT : Peux-tu nous dire comment tu as découvert l’univers de la musique house, en tant qu’amateur et artiste?

J’ai découvert cet univers premièrement en tant que dj et auditeur. Les premiers morceaux de house joués à cette époque (88-89) à Richmond étaient « Big Fun » et « Good Life » d’Inner City et peut-être « Break For Love » de Raze. Mais j’ai également fait un voyage en car avec des camarades de classe et l’un d’eux avait la cassette « To The Batmobile » de Todd Terry, je n’ai pas arrêté de l’écouter pendant 3 jours et tout est parti de là.

MiXiT : Ton premier morceau sur ton label UnXpozd Entertainment est sorti en 2009 et depuis tu y as uniquement sorti tes propres productions, quelle est l’idée derrière ce label?

Mon but à l’origine était d’avoir une plateforme avec laquelle partager ma musique après avoir composé des morceaux de hip-hop pour d’autres artistes. J’allais sortir un album de hip-hop mais la musique house est alors arrivé dans ma vie. Je veux que ce label procure un sentiment à ceux qui l’écoutent, que lorsqu’ils voient UnXpozd chez un disquaire ils aillent l’écouter (et pourquoi pas juste l’acheter). C’est ce que j’ai toujours fait avec Loop D’Loop de Pal Joey, Strictly, Nervous et DNH de Nick Holder. Chaque fois que je voyais un de ces disques, je savais immédiatement que c’était une valeur sûre.

MiXiT : Comment procèdes-tu quand tu composes?

Pour moi ça commence d’abord avec un sentiment, selon mon humeur du moment. Par exemple si je suis pensif, je vais probablement créer un morceau qui est plus profond et mélancolique, quelque chose qui prête à la réflexion. Si je suis de bonne humeur, le résultat peut être quelque chose de différent. Concernant ma technique de production, normalement je recherche le sample parfait ou alors si je suis sur clavier, je vais chercher un son particulier et construire le rythme autour. Une fois que la base est jetée, des choses très variées peuvent en sortir.

CS509105-01B-BIGMiXiT : Ta musique est très profonde et présente parfois des aspects très mélancoliques, quelles sont tes influences musicales?

Beaucoup, vraiment beaucoup d’influences. Voyons voir: John Coltrane, Miles Davis, Errol Garner, The Art Of Noise, Debussy, les symphonies composées par Eugene Ormandy et Leonard Bernstein, Pete Rock, J-Dilla, RZA, la liste est encore longue…

Concernant la musique house, j’ai été influencé par Todd Terry, Kerri Chandler, Larry Heard, Wayne Gardner, Glenn Underground et d’autres artistes qui ont marqué la fin des années 80 et le début des années 90.

MiXiT : Dans certains de tes morceaux comme « Dearest One » ou « Music », on retrouve des samples de voix féminines chantant de façon très mélodieuse, où vas-tu les chercher? Selon toi, qu’est ce que ce genre de vocales peut apporter à l’atmosphère d’un morceau?

Je suis un digger de nature, c’est quelque chose à laquelle tu es habitué si tu étais dans le monde du vinyle. Je peux passer littéralement des heures dans un disquaire, j’y vais à 1h30 et y reste jusqu’à la fermeture à 6h quand ils sont obligés de me mettre à la porte. Mais j’ai tendance à graviter autour d’une atmosphère profonde et ce type de vocales ajoutent une touche parfaite. Je n’ai rien contre les voix d’homme mais j’aime particulièrement la sensation que procure une voix féminine. Pour Dearest One, ça a été enregistré en live dés le premier essai, LE PREMIER ESSAI ! J’ai simplement demandé à la chanteuse d’essayer de reproduire l’atmosphère « d’un jazz club enfumé dans les années 40 » et le résultat est là. Je voulais la sonorité granuleuse et sale d’un vieux disque de l’époque et j’ai intentionnellement abaissé la clarté des vocales pour les rendre encore plus nostalgiques.

MiXiT : Selon toi qu’est ce qui fait l’esprit de la musique house comparé à d’autres styles de musique?

Excellente question. Selon moi ce qui fait réellement l’esprit de la musique house est le fait que le morceau doit pouvoir t’emmener pour un voyage particulier. Tu dois rentrer dedans comme tu le ferais avec un bon film ou une mixtape entraînante (oui, j’appelle toujours mes mixes de house « mix tapes »). Je pense que c’est mieux de trouver ce point optimal et la façon dont tu ressens le morceau doit provoquer les mêmes émotions chez ceux qui t’écoutent.

dj-Aakmael

MiXiT : Tu as travaillé pour une radio pendant 20 ans et on peut voir que de nos jours la musique est principalement distribué par internet. Penses-tu que ce changement a un impact positif ou négatif sur la manière avec laquelle on écoute de la musique?

Il y a de bons côtés et d’autres qui le sont moins, mais bien trop pour tous les mentionner. L’aspect positif global est qu’il y a bien plus de possibilités d’écouter de la bonne musique. Internet a permis d’ouvrir l’esprit de beaucoup de monde. Le problème maintenant c’est que tout le monde peut tout avoir. Il fut un temps où les djs avaient tous leur propre style, jouaient les morceaux qu’ils voulaient jouer et c’était génial. S’ils avaient leur propre étiquette, tu devais la respecter car tu faisais la même chose. Le problème avec internet c’est que tout le monde veut une playlist et du coup on peut aller acheter ce que TU joues. Pourquoi les autres djs ne vont-ils pas chercher leur propre style comme les autres? Trop de djs jouent la même chose aujourd’hui et internet en est la raison. Il y a beaucoup d’autres choses à dire à ce sujet et bien sûr il ne s’agit là que de mon propre opinion.

MiXiT : Chicago et Detroit sont les centres les plus fameux des musiques techno et house aux Etats-Unis, qu’en est-il de Richmond? Comment y évolue la musique électronique?

Richmond avait une super scène au début des années 90, une poignée de clubs organisaient des soirées house. C’était à l’époque où je jouais à Richmond et aux alentours (hip-hop, rnb, house, reggae) et ensuite les choses ont commencé à changer. Avec l’arrivée du hip-hop du Sud des Etats-Unis, les clubs et radios locales ont commencé à s’orienter vers les fans de hip-hop et à s’éloigner de la house. Maintenant on a quCS2089072-02A-BIGelques lieux où on peut écouter de la musique house mais trop peu de gens y vont malheureusement.

MiXiT : Comment évolue la scène électronique underground aux Etats-Unis de manière plus générale? Y a-t-il un bon public?

La scène électronique underground américaine est inégale, tu peux trouver de très bonnes soirées dans certaines villes à travers le pays. Il y a des choses intéressantes à Chicago, Detroit, New York, en Floride, ou en Géorgie. Certains endroits doivent manquer mais j’ai cité ceux que je connaissais.

MiXiT : Quels sont tes projets pour les prochains mois?

Je travaille sur de nouveaux morceaux pour mon label Unxpozd, des projets pour Kolour, le label NDTL de Kai Alcé, un morceau pour la compilation de Steve Bug à venir sur son label Poker Flat et peut être d’autres pour Late Night, Slow Down et d’autres labels. Stay tuned.

.kukubengu.

Drop a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *