RETOUR SUR L’IMMERSION FESTIVAL 2017 – Jour 1

01 fév 2018 | Categories: Chroniques | Posted by: Lou

A la veille de cette seconde édition de l’Immersion Festival, qui prendra place au Hangar 23, les 1, 2 et 3 Février, on voulait faire la lumière sur cet ovni qui a récemment fait son entrée sur la scène clubbeuse rouennaise. Et pas n’importe quelle entrée les copains : celle par la grande porte !

immersion

Tout d’abord, on tient à saluer l’initiative, qui apporte fraîcheur et renouveau dans un paysage rouennais plutôt délaissé des grandes instances de la nuit. Ça fait donc extrêmement plaisir de voir des technophiles se donner le mal d’organiser des événements de cette ampleur, avec toutes les démarches que cela implique : booker des artistes de renom, trouver le lieu adéquat, convaincre la collectivité, sans compter l’investissement en temps et en ressources… Un gros défi, qui a été relevé avec brio !

Avant de vous faire un retour les deux nuits intenses qu’on a vécu, on voulait vous faire un petit point pour demain sur les commodités : le festival se déroule au Hangar 23, et pour ceux qui ne connaissent pas c’est vraiment pas loin (ça nous change des marches interminables pour Darnétal), au pied du pont Gustave Flaubert, côté Rive Droite (10mn de TEOR depuis le centre-ville). Le lieu est full-équipé : spacieuse zone fumeur en extérieur, food-truck en cas de de crise d’hypoglycémie, deux grands bars en cas de sécheresse.

18449637_421623938193995_1049052613575284977_oArrivés malheureusement un peu tard, nous n’avons assisté qu’à la fin du B2B2B d’ouverture, qui nous a semblé très bien ficelé : on a donc un peu de regret de ne pas avoir pu y assister. La prochaine fois, on viendra plus tôt, car c’était une noble initiative que de faire jouer des artistes rouennais pour débuter les hostilités de ses deux jours. Accompagnée d’un jeu de lumière polychromatique remarquable, l’ambiance était déjà au rendez-vous : nous n’avons eu aucun mal à nous mettre dans le bain.
On a rapidement compris que les organisateurs n’en étaient pas à leur galop d’essai, et qu’ils n’avaient pas lésiné sur les moyens.

Arrivés au set de Liem, une des têtes d’affiches de la soirée, pas de déception : un style deep intense, aux basslines rondes et pénétrantes. L’artiste allemand ne s’est pas contenté d’une prestation facile, mettant l’accent sur des rythmes plus lents, sans toutefois lasser son public.
Sans que ce set soit particulièrement innovant, il a su mettre en confiance la foule, qui commençait à se densifier peu à peu. On ne peut que saluer cette performance, qui s’adaptait sans problème à l’horaire. On également notera l’introduction de morceaux personnels, issus de son dernier Ep, parfaitement en accord avec le reste de l’édifice.

La logique des orgas, appropriée, à voulue qu’à Liem succède Leo Pol, étoile montante de la scène française. Bien que méconnu de certains, cet artiste aux origines micro-house a une réelle patte musicale, propre à lui seul, qui lui permet de verser dans des genres multiples sans aucune gêne. Récemment reconvertit dans un style plus charnel, aux accents tantôt Deep, tantôt House, la chaleur de son set a réellement su transporter la foule, dans une parfaite continuité de la précédente contribution.
Seule prestation live de la soirée, Leo Pol a réussi à complexifier le canevas de ses créations grâce à un setup très fonctionnel mais dont on regrette parfois la simplicité (table de mixage + launch pad). Mais ne vous méprenez pas: la performance témoigne d’autant d’efficacité que la qualité des productions! Il a assuré, et pas qu’un peu !

On attendait clairement la tête d’affiche de la soirée – un Terrence Parker tout droit débarqué des USA. La technique de ce parrain de la House ne nous a pas déçu : il a mis la barre très haut, comme on pouvait s’y attendre, jaugeant l’ambiance avec un perfectionnisme qui témoigne de son ancienneté.

L’habitant de Motor City a réussi ce qu’on attendait de lui : un set House très ouvert, enchainant les classiques pour arriver dans des tons plus accessibles. On reprochera cependant l’absence d’une construction plus aboutie pour son set, avec l’enchainement de tracks parfois trop faciles (FloorPlant – Never Grow up ; Sweet dreams – Eurythmics) qui ont pourtant su raviver l’énergie de la foule tout au long de sa performance.

On retiendra aussi une maitrise bluffante du scratch ainsi que l’utilisation du fameux téléphone rouge en guise de casque.

Sa simplicité et son charisme témoigne d’une grande ouverture : après avoir traversé une grande partie des clubs de la planète, il garde un sourire franc, identique à la musique qu’il joue : l’essence même de la House. Il a pris le temps de venir saluer l’ensemble du Staff pour échanger sur des sujets divers. Comme Rolando, on retrouve un homme très calme, qui reste toujours ouvert à la discussion.

18491625_421595094863546_5020311064633392360_oLa question qu’on se pose quand on passe après Terrence, ça doit tenir du « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir jouer ? ». Clairement, nous, on se la serait posée. Mézigue (D.KO Records), lui, n’a même pas hésité : il a ravagé le dancefloor, alliant des pépites acides archi-pêchues à des nappes de basslines en cascade, combo efficace s’il en est… Autant vous dire qu’on a perdus quelques kilos.

De son côté, Romain Play (résident du Camion Bazar et acteur reconnu de la scène parisienne) répondait parfaitement dans le ton avec des sons plus techno, dotés de kicks percutants à souhait, mariant une rythmique bienvenue aux violentes attaques de son co-équipier.

Aucune faute technique, le tout s’est déroulé sans anicroche, devant un public très réceptif, qui avait manifestement envie de taper du pied. Le système son a suivi sans problème ; et là on tient à dire bravo à l’ingé-son, parce qu’entre Terrence et Mézigue, le registre avait quelque peu évolué.

La rencontre avec l’artiste de chez DKO, équipé de son éternel bandana (et d’une casquette Burger King, oui, rien que ça), s’est révélée très agréable : des gars chaleureux, avec pas mal de projets en tête. On notera également une grande complicité avec Leo Pol, qui témoigne que ce n’était pas là leur première rencontre.

Pour conclure sur ce premier jour, on a été surpris de l’efficacité de l’organisation, qui n’a pas rencontré de problème majeur, si ce n’est les habituelles queues aux vestiaires dans les créneaux de départ (et encore, rien à voir avec ce qu’on a déjà pu voir sur Rouen précédemment). Bref, écoutez Bison Futé et partez un peu avant la fin, une bière à la main : moins de trafic à ces horaires.

Sinon, chapeau sur le décorum, ainsi que sur le système son : le reste a suivi naturellement (accès aux bars pas trop difficile avec maximum 10mn d’attente, des équipes de sécurité pas trop oppressantes). Seul hic : les toilettes trop proches du bar d’intérieur, ce qui créait des bouchons. Que voulez-vous, personne n’est parfait. A titre personnel, mes préférences sont allées pour Léo Pol (mais quelle deep les amis…), et Mézigue (rooooh c’te violence !).

Conclusion : Bravo, on sera là demain pour reprendre les choses là où on les avait laissées : devant les baffles, un sourire aux lèvres !

Event de la deuxième édition, qui aura lieu le 1, 2 et 3 février 2018 à Rouen, Hangar 23

Louis Louis

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