ENTREVUE : I.R.O.N.

03 août 2015 | Categories: Entrevues | Posted by: Camille

Il y a quelques jours, on a rencontré I.R.O.N., jeune producteur rouennais autodidacte qui vient de sortir un EP sur le label de Chicago, Drone Recordings. Il n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il avait précédemment sorti un EP intitulé ACD sur Diamond Records. Rencontre avec ce garçon honnête et très bavard. 

cover earthquake ep

I.R.O.N. – Earthquake EP [Drone Recordings]

Mixit: Tout d’abord, peux-tu nous parler de tes débuts ? Comment t’es venue l’envie de mixer et surtout de produire de la musique?

A l’origine je n’écoutais que du rap : mon délire c’était les mecs comme Ja Rule, Snoop Dog, Dr Dre, pas du tout  de musique électronique. Ce qui m’a donné envie, ou plutôt ceux qui m’ont donné envie, sont des connaissances à moi qui mixaient sur vinyle depuis une dizaine d’années déjà, ils m’ont fait écouter Defected Records. J’ai directement adoré, et vu que mes amis mixaient ça m’a poussé à m’y mettre. Comme j’avais pas d’argent ni de matériel, j’ai téléchargé VirtualDJ et je mixais les sons que j’aimais (principalement du Defected) et ça m’a permit de commencer à sortir des petites mixtape de 30 minutes. A l’époque, vraiment peu de gens écoutaient ça. Donc l’élément déclencheur a vraiment été ma découverte de Defected, puis des Martinez Brothers qui à l’époque avaient 15 et 17 ans, encore assez jeunes, et étaient les protégés de Dennis Ferrer. J’ai donc découvert Dennis Ferrer, puis Internet aidant, le cheminement s’est fait rapidement.

Mixit: Tu viens de signer sur Drone Recordings, comment ça s’est fait ?

acdJ’étais entré en contact avec Rob Threezy avant de sortir ACD (mon morceau « club » qui a le mieux marché), qui était assez inspiré d’un de ses morceaux. Ça lui a plu, mais il n’a pas voulu le sortir car il ressemblait trop à son morceau, mais a accepté de remixer Rehearsal. Du coup, en Janvier j’ai produit Earthquake. Je l’ai gardé dans un coin de ma tête et je ne savais pas si j’allais le sortir. A la base il était supposé sortir sur la compilation 1 de Ground Records. Au final ça ne s’est pas fait donc j’ai recontacté Rob Threezy via Facebook. On a discuté, et il y avait plusieurs labels intéressés par mon morceau, mais au final il est sortit sur Drone Recordings.

Mixit: Quel est ton processus de production?

Je ne suis pas le genre de producteur qui va te sortir « j’ai samplé mon aspirateur pour ce morceau » (rires). En fait le seul truc qui me prend du temps c’est le mastering. Contrairement à la majorité des producteurs, je fais tout d’un coup au lieu des 3 phases: structure du morceau/production/mastering. Quand j’ajoute un son, j’essaie direct de le faire sonner comme sa version finale. L’objectif est d’être simple mais efficace. J’ai pas de méga matos alors je vise un truc bien produit et qui sonne mais qui n’est pas compliqué. Je m’inspire beaucoup de la structure des morceaux des autres producteurs. Le concept c’est un peu que moi en tant que DJ et producteur aspire la vision d’autres artistes.

Mixit: Et quelles sont tes plus grosse influence(s)  ?

Je dirais DJ Gregory, Kerri Chandler, The Martinez Brothers, Karizma. Mais au niveau production je n’ai pas d’influence particulière, en général j’ai 2/3 accords en tête et je commence à produire, et le morceau est fini rapidement. Je dirais aussi que je suis influencé par le « 2.0 » à la Brodinski, le fait qu’un DJ est une image, un logo… Je ne me sens pas influencé par la vision « puriste » de la musique.

Mixit: Donc tu ne te considères pas comme un puriste, ton approche est plus commerciale que musicale?

J’ai une approche commerciale juste pour sortir du lot à Rouen et évoluer tout en n’ayant pas de connaissances et de contacts dans le monde de la musique, je fais tout tout seul. Mon objectif n’est pas de vendre de la musique pour gagner de l’argent mais d’essayer à faire quelque chose qui me plait tout seul avec des moyens limités, un ordinateur et une connexion internet, et ce en étant à Rouen. Et donc aussi de s’appuyer sur les gens que tu aimes et leur réseau.

bodega

Mixit: Comment définirais tu ton style, ta musique, en 1 ou 2 phrases ?

J’ai une approche de DJ pour produire et mixer, l’objectif est de faire un petit voyage « tranquillement » sans cloisonner le son dans un seul style, un patchwork de toutes sortes de sons qui me parlent et qui reste cohérent, c’est parfois difficile. Je ne veux pas faire de set « autoroute » de 2h ou tout le monde se fait chier.

Mixit: Que pense tu de la popularisation actuelle de la musique électronique?

C’est cool dans le sens ou tu peux pas te dire « ça va devenir mainstream ». On défend des bases saines et ce serait idiot de critiquer le fait que plein de monde découvre un nouvel univers musical. Par exemple, on a eu le Yolo qui a proposé une programmation variée, ça rejoint mon état d’esprit. Ils ont réussi à faire sortir des gens pour aller voir des DJ’s qu’ils ne connaissaient généralement pas, et ne savaient pas quelle musique serait jouée, c’est fort quand même. Alors même si certains critiquent une approche « Concrete » (le fait que les gens sortent seulement parce que c’est la mode), moi je trouve ça ouf de réussir à ramener des gens qui ne s’y connaissent pas particulièrement en son et les faire danser.

Mixit: Tu as des projets pour les mois à venir?

Pour le moment je vais ralentir sur les dates, je trouve qu’à un certain moment il faut que les dates que tu joues soient réfléchies. Cette année c’était plus pour l’expérience et j’ai eu de la chance avec le Yolo. L’année prochaine j’aimerais réussir à m’exporter un peu plus et continuer à rencontrer des gens, mais plutôt dans le réel et pas seulement via internet, bien que cela permette plus facilement de créer des liens à l’étranger La passion musicale est quand même un truc qui casse les barrières et facilite les rencontres.. Je vais également sortir un EP qui est intitulé Distant Voices.

Vous pouvez suivre I.R.O.N sur Facebook et Soundcloud.

.Ritter. 

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