ENTREVUE AVEC PÉCHÉ MIGNON

28 sept 2016 | Categories: Entrevues | Posted by: Lou

A l’occasion de la soirée PMR Label Night (Péché Mignon Record) à la Chaufferie de la Machine du Moulin Rouge à Paris, nous avons rencontré différents membres du label Péché Mignon, label qui se distingue de plus en plus dans la capitale. Mais nous laissons le soin de nous expliquer plus profondément les fondements du label à Lorenzo Lacchesi, fondateur de PMR.

MiXiT : Hello Lorenzo, est-ce tu peux nous en dire plus sur Péché mignon, vos envies, vos avancées en général… ?

Lorenzo : On a lancé le label il y a 2 ans et demi. Au départ c’était un collectif entre potes, nous avions la sensation que le meilleur moyen de réunir nos passions était de donner vie à un projet. Notre idée était de créer une entité qui permet de réunir deux aspects artistiques : Art et Musique. Le but aujourd’hui est toujours le même, en un peu plus poussé : Nous voulons organiser pour notre public des événements qui proposent non seulement une expérience sonore mais également visuelle. Projeter des clips réalisés par les soins de nos artistes ou imprégner le lieu de leurs travaux accompagne réellement l’expérience sonore du public. Malheureusement, c’est souvent assez compliqué de conjuguer art et musique, faute de lieu idéal pour faire un event mélangeant vraiment image/installations artistiques et son. A Paris, il y a tous les jours de nouveaux collectifs et labels talentueux, et c’est compliqué de trouver un bon spot. La concurrence ne facilite pas les choses mais c’est extrêmement intéressant pour le public parisien d’avoir une programmation aussi riche.

13055713_562088347305912_6400387600656256451_oMiXiT : Côté musique, comment catégorises-tu les artistes du label et donc l’empreinte musicale de PMR ?

Lorenzo : Pour concevoir le style musical de PMR et ses différentes facettes, il faut d’abord comprendre comment on aime travailler. Je ne veux pas imposer un style à nos artistes et je laisse donc à chacun libre court à son style, c’est le plus important. Si on signe un artiste, c’est qu’on a apprécié son travail, et donc on lui fait confiance. C’est ce qui fait que le prochain EP ne ressemblera jamais au précédent. On dit souvent qu’on est très axé techno, style qui plaît beaucoup aujourd’hui, mais ce n’est pas notre premier critère de choix de releases/artistes loin de là. Le label a une empreinte très mélodique, des releases Deep aux releases techno en passant parfois par des titres House ou même électro-acoustiques. Je laisse les artistes s’exprimer et si ça me plaît je lance la machine !

MiXiT : Tu gères le label, mais en même temps tu es DJ et tu travailles à côté. Comment gères-tu tout ça ?

Lorenzo : Je travaille en tant qu’ingénieur du son dans une radio, et j’ai souvent 1 mois de taff puis 1 mois de carence. Durant ce dernier, je m’occupe du label, des artistes et tout ce qui les entoure ! Il m’est beaucoup plus compliqué de gérer les deux lorsque par exemple je travaille la nuit ou en matinale. Cette double casquette m’avait poussé à mettre de côté mes objectifs personnels pour me consacrer à PMR et à ses artistes. Mais dernièrement, j’ai réalisé que j’avais l’âge de me permettre d’être fatigué et de faire ce qui me plaisait. Je voulais me remettre à la production et j’ai donc signé un titre sur le dernier Various Artists aux côtés de nos résidents Easy Morph et Delskiz’ (fraîchement arrivé) et The Welderz. Depuis l’été je recommence à accepter les dates que l’on me propose et reprend beaucoup de plaisir à jouer. Je sors un EP sur Qubiq Platinum Series très prochainement et planche sur un live pour la rentrée prochaine! Deux choses sont importantes pour moi: Péché Mignon et mon boulot. Pour l’instant j’arrive à gérer les deux (surtout grâce à tous les membres de l’équipe Péché Mignon) et prend beaucoup de plaisir à le faire.

MiXit : comment rencontrez-vous les artistes qui se joignent au label ?

Lorenzo : Au début on contactait plusieurs artistes qui correspondaient à l’identité du label. Mais depuis la création, nous n’avons invité aucun artiste, beaucoup viennent vers nous : Easy Morph en est le parfait exemple, ce sont eux qui nous ont approché (plus de détail sur la rencontre plus bas). Nous recevons aussi beaucoup de démos par internet chaque jour : je les écoute tous attentivement, et si ça me plaît je les contacte. Lorsque ce n’est pas le cas, je ne leur dis pas le contraire, car je ne pense pas qu’il y ait de mauvais son, c’est seulement une question de cohérence vis à vis de notre identité sonore.

10338711_10205448655353085_2968738933283732095_n

MiXiT : Question que l’on a pas posé tout à l’heure, mais qui nous taraude, pourquoi le nom Péché Mignon ?

Lorenzo : On est très attachés à la scène parisienne, et ce nom fait comprendre d’où on vient, il représente pour nous la dualité de notre projet (art et musique).

MiXiT : PMR est aujourd’hui en plein boom, avec plusieurs soirées à votre nom et aussi vos artistes qui tournent beaucoup, qu’est-ce qui vous a aidé à décoller ?

Lorenzo : Tout d’abord je pense que le public est de plus en plus curieux, il y a ce désir d’écouter toujours plus d’artistes ou de labels, c’est comme si les gens avaient envie de découvrir ce qui sera écouté demain. Certaines structures créées récemment donnent l’opportunité aux petits collectifs/labels de s’exprimer et d’être suivis par un public parisien toujours plus curieux. PWFM (Provocative Wave For Music) par exemple est arrivé au bon moment, ils ont exploité ce qu’on veut faire depuis toujours. Ils donnent leur chance à tout le monde, il y a beaucoup d’échange et ils nous ont aidé à développer notre « notoriété », notamment via leur webradio et leur village au 6B le 30 juillet où on était très fiers d’être présents. On a commencé à avoir la sensation d’être observés assez tard mais on a peut-être monté le label trop tôt : on avait 18, 19 ans, on a monté quelque chose sans vraiment connaître le monde de la nuit, par passion et on a appris de nos erreurs. PWFM nous a donné un coup de pouce : on a rencontré d’autres collectifs et labels avec qui on travaille régulièrement et ils ont réussi à mettre en place une sorte de communauté d’entraide entre les jeunes artistes parisiens et français. Il y a tellement de gens qui produisent à l’heure actuelle que la musique peut devenir obsolète en 24h, eux permettent de laisser une trace et à ces mêmes artistes de se rencontrer, d’échanger.

MiXiT : Tu nous parlais tout à l’heure de spot idéal à trouver, et de combinaison entre plusieurs arts, peux-tu développer cela et les projets en cours des artistes et des labels ?

Lorenzo : On a beaucoup d’artistes qui bossent sur plein de projets mais qui sont très exigeants avec eux-mêmes, donc ça prend du temps. Comme dit précédemment, réussir à combiner un lieu, une soirée, une expo, une atmosphère musicale qui plaît aux gens et qui nous plait à nous peut s’avérer plus difficile que l’on ne croît ! Néanmoins, tout lieu est exploitable, chaque lieu est beau parce qu’il n’a jamais été investi. Par exemple un hangar, ce n’est jamais forcément le même et donc tu peux créer plein d’atmosphères différentes. L’inconnu excite le public, les gens sont prêts à aller en banlieue parce qu’on leur propose quelque chose de différent et ça, c’est exploitable. Au niveau des projets du label aujourd’hui on a quand même plein de soirées qui arrivent, la prochaine au Batofar le 13 octobre prochain avec le collectif lyonnais Structure, ainsi que d’autres EP de nos résidents que vous connaissez et aussi toujours plus d’invités ! Pitport’ prépare son grand retour chez PMR avec un EP très prochainement, par exemple. Vous aurez toutes les infos en temps et en heure !

MiXiT : Merci beaucoup pour toutes ces infos, à très bientôt !


Nous avons également eu l’occasion de rencontrer Arthur et Paul alias Easy Morph, duo de DJ/producteurs prometteurs étant de plus en plus présents dans le monde des nuits technos.

30072016-21h42-_dsc6577-maximechermat

MiXiT : Hello les gars, pouvez-vous nous parler un peu de vous, comment vous vous êtes rencontrés, et tout simplement vos débuts musicaux ?

Easy Morph : Hello ! Alors, on a tous les deux 23 ans, et on s’est rencontrés au lycée, on partageait déjà les mêmes goûts musicaux et on a voulu développer ça ensemble. On a acheté du matos pour mixer à 15 ans et on s’est mis à la production 1 ou 2 ans après puis on a crée Easy Morph dans la foulée. Nos premières prod étaient essentiellement des re-edit pour coller au maximum avec ce qu’on voulait dans nos set. C’est d’ailleurs comme ça qu’on s’est fait la main sur les logiciels de MAO. Ensuite on a voulu aller plus loin dans la production en composant nos propres morceaux originaux.

MiXiT : D’où vous viennent ces inspirations, avez-vous tous les deux des artistes phares qui vous ont donné envie de produire ?

Easy Morph : C’est très variable, ce sont aussi bien des labels que des artistes, et encore ça évolue relativement régulièrement. Beaucoup de nos Ep n’ont pas de fil conducteur, toutes nos tracks sont très différentes les unes des autres, on aime expérimenter d’autres choses. Quand on produit, on ne réfléchit pas à ce qu’on veut faire, on fait, et après si c’est bon, on garde ! La cohérence de nos tracks est d’ailleurs un truc qu’on cherche à améliorer.

MiXiT : Comment vous débrouillez-vous pour mixer et produire à deux, ça peut paraître plus compliqué qu’être seul, non ?

Easy Morph : Pas du tout justement, être deux apporte un point de vue en plus qui n’est pas négligeable. Forcément, on produit chacun de notre côté, on s’envoie des trucs et le deuxième avis nous permet de dire « la ça pourrait être différent ». L’avis de l’autre peut nous aider à débloquer un un passage d’un track, ou à l’enrichir. Par contre, pour mixer on ne se voit pas si souvent que ça, donc on a pas le temps de travailler énormément dessus. On le fait surtout quand on est à Rouen tous les deux, en speed comme ce week end (ndlr : lors de la PMR Label Night à la Machine), on s’y met pendant deux jours à fond afin de fournir un set complet et quali.

MiXiT : En parlant de soirées, vous commencez à être de plus en plus présents sur la scène parisienne, comment voyez-vous cette évolution ? 

petit-bain

Easy Morph : Péché Mignon marche plutôt pas mal en ce moment, ce qui est un gros plus pour nous. C’est une petite famille qui nous a sorti 3 vinyles, pas mal d’events, et en effet ça nous fait grandement avancer. On se rend compte que la réussite ne se choisit pas, on fait de la musique pour nous, et c’est compliqué de faire des pronostics là-dessus. A très petite échelle c’est tout aussi bien, on ne se prend pas la tête, tant que ça nous plait et que ça marche bien on ne demande pas forcément plus.

MiXiT : Malgré tout, vous arrivez à gérer vos études en même temps !

Arthur : C’est pas forcément évident, c’est par période même si j’arrive quand même à prendre du temps régulièrement pour la musique. À Lille, où je fais mes études, je ne trouve pas mon bonheur niveau soirées, donc je passe la plupart de mon temps libre à faire du son et à mixer avec mon coloc, Eidan.
Paul : Pareil, je galère pas mal aussi et je fais beaucoup de sport, mais j’arrive tout de même à trouver du temps pour me pencher sur les platines.

MiXiT : Quelle est votre meilleure expérience de soirée ?

Arthur : J’en ai une mais Paulo était pas là. C’était un B2B avec Madlex, à l’Atmosfaire de Saint Ouen. J’avais été invité par Vryche et Parallèle. L’ambiance était folle, les gens se prenaient pas la tête, c’était réellement différent de ce qu’on peut voir dans les clubs actuellement.
Paul : Pour moi c’était un petit bar à Rouen, le Schari Vari : on a fait des soirées avec des collectifs de potes, quand c’était blindé on rigolait vraiment beaucoup, ce sont les meilleurs souvenirs que j’ai, c’était très intimiste. Mais tous les deux on a bien kiffé le batofar, la salle est super cool, et a aussi ce contact intimiste, on navigue dans le bateau et on a un contact avec les gens.

MiXiT : Si vous deviez encourager des artistes, ou citer des artistes avec lesquelles vous aimeriez travailler ?

Easy Morph : Il y en a tellement ! En soi, c’est quand tu mixes avec d’autres DJs en soirées que tu fais des contacts, on a plein de souhaits mais rencontrer les gens en soirées est vraiment plus sympa que de travailler par mail.
Au niveau des artistes qu’on aimerait encourager, il y aurait BLNDR qu’on a rencontré il y a pas si longtemps, il fait du super taff. Madlex qu’on apprécie aussi beaucoup et Eidan évidemment. Puis toute l’équipe de Péché Mignon. On connaît aussi un producteur atypique, qui s’appelle Marnyc , qui est agriculteur tout en faisant de la techno ! Il est arrivé sur Rouen, il a commencé plus ou moins en même temps que nous. Il sort un son très brut et s’inspire beaucoup de son environnement.

MiXiT : Pour finir cette interview, quelles sont vos projets pour votre duo ?

Easy Morph : Alors, l’objectif final serait de faire un vrai live, on a déjà fait un Dj set hybride avec des machines, et au fur et à mesure on veut avancer vers le live. Un de nos projet est aussi de jouer un Ep avec un pote qui est à la batterie électronique : il a un gros level, c’est très intéressant sur de la techno ! Au niveau des sorties, on a quelques sorties digitales qui vont sortir sur Qubiq records et WAWH, un nouveau vinyle prévu pour le début d’année prochaine sur WAWH, ainsi que des remixes par-ci par-là.

MiXiT : Génial, merci les gars, et bon courage pour la suite !

 

Prochaine soirée au Batofar le 13 Octobre 

Retrouvez Péché Mignon sur Soundcloud et Facebook !

Ainsi que Easy Morph, Delskiz, The Welderz

 

Arthur et Louise

Drop a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *