ENTREVUE AVEC MAXIME DANGLES

28 fév 2016 | Categories: Entrevues | Posted by: Lou

29 Janvier 2016. Nous retrouvons Maxime Dangles et le collectif Mauvaise Graine au Vicomté à Rouen pour un apéro plein de bonne humeur avant la soirée à la Bodega, à laquelle Maxime va mixer en compagnie de Easy Morph et Gaste… Retour sur une interview fort enrichissante d’un artiste ayant la tête sur les épaules, plein d’humour et une grande passion pour la musique !

Maxime Dangles

 

MiXiT: Raconte nous un peu ton parcours, tes débuts…

Maxime Dangles: Tout gamin, j’organisais les premières boums dans mon garage, pour les fins d’années primaires… Genre CM2, c’est moi qui ai fait la boum de fin d’année. Donc ça démarre comme ça. Après j’ai mixé pour des mariages, puis commencé la prod. Ensuite j’ai eu de la chance de signer sur un label qui s’appelle Kompakt. A cette époque je n’avais pas prévu de faire de la musique mais finalement ça m’est tombé dessus et maintenant c’est le plus beau métier du monde donc c’est cool.

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Resilience LP

MiXiT: Quelles sont tes influences ?  

Maxime: Pas du tout techno en fait, plutôt electronica, radiohead (c’est ce que j’écoute à la maison), du style EMILIE SIMON, je suis ultra fan, je connais ses trucs par cœur, et d’ailleurs je me suis fait virer d’un concert parce que j’avais volé des affiches ! (rires)

MiXiT: Comment ça t’es venu de faire de la techno ? Comment as-tu découvert ce style de musique?

Maxime: L’histoire est vieille, c’était il y a plus de 10 ans, j’avais 16 ans et avec mes copains on allait en boîte de musiques généralistes parce qu’il n’y avait pas grand-chose là où on habitait. Puis l’été on partait à Cap d’Agde, en club à l’Amnésia (musique plutôt Clubbing), et là des mecs nous ont conseillé d’aller au Bar Live. Il y avait une soirée « Geisha » et c’est lors de cette soirée que j’ai entendu de la vraie techno. J’étais là en tant que public et je me suis pris une claque, et je suis sorti du club en me disant: C’est ça que je veux faire. Le lendemain je me suis mis à composer sur le même style que « Eve By Day » de Patrick Chardronnet, un morceau qui s’appelle « Deuxième voyage » mais qui est sorti quelques années plus tard et qui s’inscrit aussi dans le même esprit que « Domino » de Oxia.

Donc c’est de là que c’est parti alors que je n’y connaissais pas grand-chose en techno, j’avais plus une culture Dance, années 90, ma mère écoutait à fond les compiles Top Dj’s dans la voiture… Culture dance quoi.

MiXiT: Quels sont les artistes qui t’ont inspiré ?

Le mec qui m’a beaucoup inspiré à l’époque c’était Paul Kalkbrenner (15 ans en arrière), la scène Kompakt, la scène BPitch Control (Ellien Alien) et tout ce qui se passait au Bar Live. Mais à l’époque, j’étais aussi très inspiré par les lieux, les atmosphères et l’ambiance qui régnait dans les clubs. Je regardais ce qui faisait vibrer les gens en soirée.  Maintenant ce ne sont plus trop les artistes technos qui m’inspirent mais plutôt la vie, les sentiments personnels. Je n’ai pas vraiment de références mis à part Kink qui me met une claque technique et sonore. Aujourd’hui j’écoute moins de trucs fous en techno mais plutôt des sons relax qui m’inspirent.

MiXiT: Comment est-ce que tu définirais ta musique ?

Maxime: Je ne suis pas trop étiquette dans la musique, en effet je fais de la techno mais je me définis plutôt comme quelqu’un qui fais de la musique électronique en général. Et niveau matos, j’utilise beaucoup de modulaire. J’aime bien faire des morceaux electronica. Dans l’album que j’ai sorti l’année dernière, c’est moitié techno et moitié electronica, c’est une facette que je n’avais jamais montré parce que ce sont des tracks que j’ai fait il y a longtemps mais je n’avais pas trouvé l’occasion ni le label pour les sortir et skryptom m’a permis de m’exprimer librement. Electric Rescue qui gère Skryptom m’a donné l’opportunité de faire ça et c’était bien cool, ça faisait du bien de dire « ok les gars je fais de la techno mais je sais faire autre chose ».

MiXiT: Electric Rescue a eu un rôle important dans ton entrée chez Skryptom ?

Maxime: Deux ans après mes débuts, je suis tombé sur lui. Je ne suis pas rentré directement dans Skryptom mais on se suivait, on est devenu rapidement amis grâce à nos styles de vies communs et notre passion de la musique que l’on perçoit de la même manière. Electric Rescue aide énormément d’artistes même si ça ne se sait pas forcément, il est très présent dans les débuts d’artistes. Personnellement il m’a aidé dans mes débuts, mes envois de démos et pour mes finalisations de morceaux. Il aime rencontrer les artistes et les suivre dans leur parcours musical.

MiXiT: Et le projet Mod3rn ? Tu peux nous en dire un peu plus ?

Maxime: Ça a débuté à Montpellier, les programmateurs savaient qu’on était tous les trois amis (avec Traumer et Electric Rescue) donc ils nous ont proposé une date. On ne savait pas ce qu’on allait faire, c’est pendant le trajet pour aller à la soirée qu’on nous a parlé de faire le label Mod3rn et la semaine d’après le projet était monté, c’était prêt. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on ne travaille pas, on fait nos live à l’arrache. On passe nos sons chacun notre tour, c’est comme un groupe de Jazz mais en techno. Le respect y est pour beaucoup dans la cohésion du live, on se prend pas la tête et on ne sait pas ce qu’on va jouer à l’avance mais on kiff ensemble. Parfois l’un de nous ne va pas mixer pendant 15 minutes mais on écoute ce que l’autre passe, on regarde la réaction du public et on kiff.

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MiXiT: On a entendu parler de ton projet qui s’appelle Led Live, tu peux nous en parler ?  

Maxime: Le Led Live c’est une envie que j’avais depuis longtemps, qui est de mélanger musique et visuel. J’avais envie de faire plus que de lancer un simple album de live, en rajoutant un visuel. Je suis novice en la matière et j’aime bien me prendre la tête sur des trucs nouveaux donc l’idée c’était de faire un mapping avec des rubans de led, une cage lumineuse. Les lumières sont synchronisées avec la musique et l’esprit c’est de réaliser ce projet dans des petites salles (ex. le Cargo à Arles) pour intégrer des gros visu de festivals dans des salles plus intimes.

MiXiT: Tu travailles sur quel matos ?

Maxime: Je travaille beaucoup sur synthé modulaire, mais maintenant on peut utiliser des choses très simples pour faire de la prod… Donc ça m’arrive aussi d’enregistrer des sons avec le micro de mon téléphone, de les retravailler et de faire des rythmiques avec. Par exemple, pour mon projet danse, la prof donnait un cours donc j’ai posé mon téléphone en plein milieu de la piste  et j’ai enregistré le son des pas, des personnes qui tombaient, qui se lâchaient, et de la prof qui parle. Je vais re-sampler ces enregistrements et faire des rythmiques avec tout ça.

MiXiT: Quels sont les lieux où tu préfères mixer ?

Maxime: Je préfère les petites salles où tu peux partager avec le public et l’organisation. Les gros festivals c’est mortel, ça procure des shoots d’émotions mais c’est plus impersonnel au niveau de l’organisation, tu ne croises pas grand monde. De ce fait le partage est différent, et je préfère un moment comme celui-ci (l’interview) où on rencontre les personnes de l’orga avant la soirée, on se fait une bouffe, on prend un verre. Ça permet de rencontrer les gens, de partager et c’est ça dont je me souviens plus tard. Donc je préfère les dates en petit comité.

MiXiT: Une date qui t’as marquée ?

Maxime: La date qui m’a marqué en 2015 c’est le Tunnel à Paris, j’ai kiffé le lieu, la soirée, et le partage avec le public durant cet événement. Ce sont des parties importantes pour moi, l’avant et l’après soirée, pour partager avec les gens. On a de la chance de faire ce métier mais en tant que Dj, c’est pas toujours évident de se retrouver tout seul quand tu voyages entre les soirées et c’est entre autre pour cette raison que Mod3rn s’est créé, ça nous permet de se retrouver entre amis aussi et ça fait plaisir. Par ailleurs, j’ai une famille donc je préfère aussi faire moins de dates, kiffer chacune de mes soirées et à côté, pouvoir retrouver ma famille.

MiXiT: Que penses-tu de l’évolution et de l’expansion du monde de la nuit et de la techno aujourd’hui ?

Maxime: En terme d’artistes, il y en a beaucoup plus qu’avant et il y aussi des anciens qui sont revenus comme Surgeon, Ben Klock, Dettman. En termes de public, il y a toujours eu un bon public techno et personnellement je ne vois pas forcément une grosse différence dans le public mais j’observe que le nombre de soirées est en expansion à Paris comme à Lyon. Il y a beaucoup de public aujourd’hui mais certains restent toujours très attachés à la house, ou la deep house ou à la techno, comme à l’EDM et il en faut pour tout le monde.

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Mod3rn aka Electric Rescue, Traumer, Maxime Dangles

MiXiT: Est-ce que tu as des gros projets à venir, qui te tiennent particulièrement à cœur ? En dehors de tes projets avec Mod3rn.

Maxime: Il y a ma petite fille déjà, ah ah, c’est le projet de ma vie ça. Mais sinon, j’ai le projet danse avec les étudiants de Valence. Et je reste ouvert à plein de choses, même autres que de la techno. La musique à l’image ça me passionne beaucoup aussi, j’aimerai bien faire un projet où on inverserait un peu les rôles entre les Djs et les Vjs, c’est-à-dire que ce serait les artistes de musique qui jouent pour l’image, pour qu’on oublie un peu le côté « star » du Dj.

MiXiT: Mais du coup avec tout ça, tu arrives à bien concilier ta vie familiale avec ta vie d’artiste ?

Maxime: Ça pourrait être compliqué mais j’y arrive, parce que justement avec Skryptom j’ai la chance d’être bien entouré. De plus, je ne suis pas un gros fêtard, je ne vais pas en after… J’ai une vie assez « normale ». Je fais des horaires de bureau, j’emmène ma fille à la crèche à 8H30, à 9h00 je suis en studio et j’arrête à 17h00 quand elle rentre. Pour en revenir aux personnes qui m’entourent, si jamais elles voient que je prends un peu le melon par exemple, elles me le diront de suite.

MiXiT: Pour finir, est-ce que tu aurais des artistes comme ça, que tu aimerais partager ou encourager ?

Maxime: Emilie Simon. ah ah. Non mais sinon, il y a Kink parce que techniquement en live il est excellent et Richard Devine, qui est un peu mon idole du modulaire, il gère ça comme personne. Après en techno, il y a Joton et Yann Cook.

 

 

N’hésitez pas à aller visiter la page facebook et Soundcloud de Maxime Dangles!

Ainsi que d’autres: Easy Morph, Gaste, Skryptom, Mod3rn

 

Merci à Maxime et Mauvaise Graine pour cette soirée à la Bodega qui était vraiment une réussite!

Louise et Claire

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