Anthracite Music

12 avr 1970 | Categories: Non classé | Posted by: Kukubengu

S’il y a bien un collectif qui a laissé une empreinte résolument tournée vers la micro-house et les sonorités roumaines à Rouen, c’est Anthracite Music. Avec une esthétique qui leur est propre, les membres du crew ont su monter des projets ambitieux et ont montré très tôt une grande maturité musicale, tant dans leurs prestations que dans leur line-ups. S’ils ont récemment marqué une pause dans l’événementiel, les 5 potes d’Anthracite sont toujours actifs sur les réseaux et derrière les platines. Léo a gentiment répondu à nos questions au nom de l’équipe.

MiXiT : Peux-tu nous présenter rapidement Anthracite ?

Ce n’est probablement pas très original mais Anthracite à la base c’est simplement une histoire de potes qui partagent une même passion, et c’est cette dimension qui nous semble primordiale. Plusieurs aspects se sont ensuite développés ; le djing tout d’abord (tous les membres mixent), mais aussi l’organisation d’événements, un partage musical régulier sur notre page ainsi qu’une série de podcasts. Nous sommes désormais 5 : Tom, E.P.O., Joseph, el/iott depuis peu, et moi-même.

MiXiT : Quand est ce que s’est créé votre projet ? Pourquoi avoir changé d’identité il y a 2 ans ?

Le projet a débuté tout début 2013 avec Tom sous le nom La Réserve, et n’avait que pour seul dessein un partage régulier des morceaux qu’on appréciait, tout simplement. Au fil du temps nos goûts ont évolué et se sont affinés, si bien qu’au bout d’un moment nous n’étions plus vraiment cohérents avec le style musical initial. On a donc ressenti le besoin de marquer une rupture : c’est à ce moment la qu’Anthracite a pris forme.

MiXiT : Comment définiriez-vous votre ligne musicale ? Quels artistes vous inspirent le plus ?

Vaste question, dont la réponse peut relativement différer parmi nos membres. Mais d’un point de vue global, nous nous sommes particulièrement orientés vers la micro House avec des labels tels que Perlon, Minibar etc, ainsi que la minimale (notamment le large courant venant de Roumanie). Pour autant rien ne nous empêche de piocher ailleurs, je pense notamment à E.P.O. Et Tom, qui sont respectivement bien calés en Funk/Classic House et Techno. Tant que c’est bon on aime !

Pour citer quelques artistes, Zip, Thomas Melchior, Nicolas Lutz, Ricardo Villalobos, le trio RPR, Barac, Audio Werner, Daniel Bell, Max Loderbauer et Tobias mais également pas mal d’artistes qui ne sont pas forcément dans la musique électronique, je pense à Philip Glass, Brian Eno, Pink Floyd ou encore Steve Reich pour les plus connus.

MiXiT : Pourquoi avoir mis de côté l’organisation événements ?

La première raison c’est que pour mes études cette année je suis à Budapest, et sachant que nous ne sommes pas un collectif très nombreux, cela posait un problème en terme d’organisation. La deuxième raison c’est que déjà nos études nous prennent du temps, mais aussi parce que le paysage rouennais commençait à devenir un peu bouché en terme d’événementiel. De plus en plus de collectifs ont vu le jour, pour un public non extensible et pas forcément plus curieux. On a donc décidé d’arrêter ou du moins de faire une longue pause ; si on revient un jour ce sera parce qu’on a le temps et les moyens financiers nécessaires à la création de quelque chose vraiment abouti de A à Z.

MiXiT : On peut vous voir à Rouen mais aussi à Paris, à terme souhaitez-vous organiser plus d’évènements à Paris ?

Organiser pas forcément, car construire un réseau sur deux villes différentes est un processus assez lent et pas forcément facile, à moins qu’une belle occasion se présente à nous. Mais pour mixer nous sommes toujours partant.

MiXiT : Quelles ont été selon vous vos évènements les plus réussis ?

Plusieurs moments nous restent vraiment en tête. Le premier c’était pour la Spirale N°2 (avant Anthracite donc) début 2014 avec Ben Vedren, Psykoloco et Serraw au Yolo (à l’époque le Crystal Room) déjà parce qu’il y avait beaucoup de monde, mais aussi parce que ces trois artistes ont été de très belles rencontres, que j’entretiens d’ailleurs toujours spécialement avec Psykoloco étant devenu aujourd’hui son booker au sein de CrazyJack. Le deuxième fût assurément notre première soirée au Yolo sous le nom Anthracite, avec Pepperpot, Cleymoore et Marc Milner. Tout d’abord parce que la salle était comble mais aussi car là encore nous avons rencontré des personnes intéressantes à tout point de vue. Egalement orsque nous avons invité Revolt !, toujours au Yolo, avec Vid, Kreon et Mr Roussos, qui nous ont offert un b2b2b mémorable de 6h.

Enfin toutes nos sessions sur la Bodega le Dimanche, tant on était bien accueilli par le responsable artistique, Boris, qui nous a toujours fait confiance, mais aussi pour leur coté très intimiste et chaleureux que les artistes (Adil Hiani, Akel, Pacman, Katapult, Cleymoore) appréciaient et savaient nous rendre.

Au final on ne regrette aucune soirée, parce qu’on les a faites pour les bonnes raisons et parce que chaque artiste invité ramenait sa pierre à l’édifice. Aujourd’hui on reste en contact avec la plupart d’entre eux.

MiXiT : Le public rouennais est-il amené selon vous à continuer de grossir ?

Je ne pense pas. Le public se renouvelle mais l’ancienne génération part au fur et à mesure, que ce soit pour leurs études ou autre. Le seul point qui a considérablement changé en l’espace de 4/5 ans c’est assurément la mentalité du public. Avant la fin 2012 il n’y avait quasiment rien à Rouen mis à part quelques vaillants personnages à l’image de Nima Skill dans des lieux tels que le Shari Vari ou le 3 pièces. Après quoi Rev, Brimfool, What You Want puis nous sommes arrivés, et la frustration latente que devait porter cette génération depuis quelques années a donné lieu à une véritable euphorie. Je me rappelle surtout du début de ce phénomène lors des premières venues de Grego G, c’était la guerre dans la queue.

Au fil du temps le public a commencé à se renouveler, et ce qui était initialement une délivrance pour beaucoup, devenait la norme pour la plupart. La question n’est pas de savoir si c’est mieux ou moins bien, c’est seulement un changement d’approche. Avant si le Dj venait de Paris ça ramenait du monde ; maintenant il faut que l’artiste vienne de Chicago, Berlin ou qu’il soit sorti sur le label du moment. C’est notamment cette course au plus gros booking qui a fini par nous lasser en quelque sorte, mais globalement on est fier de ce que la scène rouennaise est devenue en si peu de temps.

MiXiT : Quels sont vos projets pour le futur ?

Pour le moment on s’oriente vers l’essentiel, le mix. Quelques bookings réguliers nous satisfont amplement. On continue aussi notre série de podcasts et si Anthracite réorganise quelque chose un jour, ce sera dans une optique totalement à contre courant de ce qui se fait déjà très bien par la Rev et les autres collectifs actuels…

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